La vie avec mon père Depuis juin 2009, papa s'est joint à nous!Directement de Nicolet (QC)
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  • Une histoire de lettres…

    Toutes ces lettres là ?
    Oui, toutes. Touchant, hein ? – La Matou(e)

    De circonstance, avec la Saint-Valentin et tout le reste… Je vous raconte ma plus belle fête «d’amour», d’accord ?

    C’était en février, en 1989. J’avais à peine 15 ans. Période trouble. Troublante. Troublée. J’étais à une sorte de croisée des chemins, entre ici et là-bas. J’avais peu d’espoir en la vie en général, que je voyais bleue, très foncée. Je m’imaginais un monde, et puis sa fin. Rien entre les deux de tangible. De réel. Période adolescente très noire, finalement. Mes plus grandes ambitions m’étaient dictées par l’espoir, du moins, par ce qu’il en restait. J’avais peur de tout, et pour balancer ces peurs, j’affrontais tout. Avec la hardiesse d’une jeune femme, avec les couleurs d’une petite fille. Je blâmais la terre entière et détestais toute forme de beauté. Il n’y avait que la musique. Et les amours. Et encore…

    Un soir, c’était l’hiver dans mon coeur. Comme dans la chanson. Exactement comme dans la chanson de Cabrel. J’ai tenté d’aller briller à côté du soleil. Comme je peux vous raconter l’histoire, je vous tais le résultat de mes détresses.

    Cela dit, une de mes amies a eu l’idée de me «réinsérer» dans le «monde vivant» en me proposant d’être participante, le temps d’un weekend, à une session de formation personnelle. Je ne pouvais mieux tomber : j’avais besoin de support, besoin de preuves qui me diraient que la vie était vivante, au final. J’ai accepté, comme dans «qu’est-ce que j’ai à perdre ?»

    La fin de semaine en question m’a peu apporté, en soi. Mais ne serait-ce que pour ce que je vais vous présenter dans quelques instants, elle valait toutes les ratées du monde ; elle valait tous les espoirs du monde ; elle valait son pesant d’or.

    Une des activités du weekend consistait à prendre conscience de «l’amour» qui nous «entoure» et qu’on «oublie» trop souvent. Pffff. J’y croyais peu. Si peu. Et pourtant. Moi qui me disais seule, qui me sentais seule, qui me voyais seule… Un des moyens de prouver aux participants qu’ils n’étaient pas seuls, et qu’ils ne l’avaient jamais été, fut de trouver, à «l’extérieur», une personne qui nous connaissait et de l’envoyer en mission. J’ignore comment les organisateurs de l’activité ont recruté les missionnaires. Cette personne «extérieure» à l’activité devait parcourir la terre à la recherche de gens prêt à témoigner amour et affection aux participants.

    J’ai eu la chance d’avoir une de mes tantes comme missionnaire. Pendant plus d’une semaine, à mon insu, elle a fait le tour de la famille, des parents, des oncles, tantes, cousins, cousines, puis des ami(e)s proches, des connaissances. Chaque fois, leur demandant, pour mon «bien», d’écrire sur un petit bout de papier un mot gentil à mon attention.

    À la fin du weekend, dans une des dernières activités, les participants sont invités à s’isoler un peu. Puis à ouvrir le paquet qui leur est adressé. Le mien était là. Avec mon nom. Un gros paquet, avec un ruban rose. Nous étions environ deux dizaines, dispersés ça et là dans la salle. Nous nous regardions, ne sachant pas à quoi s’attendre de ces drôles de paquets «d’amour».

    Puis j’ai ouvert le mien. Défait le gros ruban rose. Pris la première lettre. Un mot de ma grand-maman Annette : «Martyne est spéciale, tellement spéciale qu’il n’en existe qu’une, celle-là, la mienne, que j’adore depuis si longtemps. Je t’aime ma grande, mamy Annette.» Wow. J’étais estomaquée. J’ai pris la seconde lettre. Un mot de mon papa : «Tu sais ma matou qu’on ne se dit jamais qu’on s’aime, c’est trop difficile chez nous. Mais voilà que je profite de l’occasion pour te le dire, et pour te le dire assez souvent que tu t’en souviendras jusqu’à tes vieux jours : je t’aime, je t’aime, je t’aime… Papa.» Ok, les larmes. J’ai compris, là, après la deuxième lettre, ce qu’était le paquet. Mamy Georgette qui m’a écrit que j’ai été sa première petite fille et que «comme toutes les premières, tu dois franchir les barrières et briser les sceaux»… Autant de témoignages que de connaissances. Autant de gens qui me disait leur amour, leur amitié. Mes tantes. Mes oncles. Des cousins, des cousines. Mes grandes amies. Mercédès, Audrey, Annick. Des connaissances de la polyvalente, aussi. Un ou deux profs. Tous ces gens qui m’avaient côtoyés, qui me connaissaient un peu, me souriaient.

    Inutile de vous dire que je garde précieusement, très précieusement, ces dizaines de témoignages. En cas de déprime, de cafard, d’ironie du monde, je plonge dedans. Pour me souvenir. Qu’ils sont tous là. Pour moi. Si jamais…

    Au moins une fois dans une vie, à mon avis, tout le monde devrait pouvoir recevoir de tels témoignages. Je vous encourage fortement à organiser une telle mission à un de vos proches. Sourires éternels garantis.

    …et tous mes remerciements à tante Henriette, qui s’était pliée à l’exercice. Ça n’a pas du être évident, ni facile, et pourtant… Si tu savais, tatty, à quel point tes efforts ont changé ma perception de la vie, ma perception du monde… Merci.

    Bonne fête de l’amour, en général, à tous !

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    'Tout ce qu'on écrit est un testament, car c'est la dernière fois qu'on l'écrit...' -Gilles Vigneault
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