Il a ce besoin d’indépendance depuis toujours. Et ce n’est pas la maladie qui l’empêchera, on le constate, de réclamer “sa” petite place, sa liberté. On s’attendait à ce qu’il veuille “vivre de ses propres ailes”, mais pas si tôt…
Y’a une chose que papa nous a appris, depuis l’enfance. Quand quelqu’un est dans le besoin, si on est capable d’aider, let’s go.
On est capable.
Au dernier recensement, il existait cinq étapes bien distinctes pour arriver à compléter un deuil. Le deuil d’une personne décédée, le deuil d’un échec amoureux ou d’une séparation, le deuil de ce qui a été et n’existera plus : du pareil au même. Un deuil est une constatation de l’irréversible.
Entendre “je t’aime” quand on croyait cet aveu impossible. L’entendre et vouloir le crier, pour en saisir toute l’importance. Entendre sa voix, savoir qu’il sait, lui dire à l’oreille, en l’embrassant, et prendre le jour comme témoin que j’ai aussi entendu, de sa nouvelle voix, mon papa qui sait qu’il m’aime.
…Parce que dans notre cas, il existe trois enfants, devant leur papa-sans-mandat, qui se demandent si la décision qu’ils ont prise est la meilleure, compte tenu des circonstances et des atteintes cérébrales possibles. Compte tenu de la vie, tout simplement. Compte tenu de l’amour…
Il existe, j’en suis persuadée, un équilibre universel qui, quoiqu’il arrive, s’autorise à interpréter les joies, les bonheurs, les tristesses et les aléas de la vie selon le principe de Pareto ou, pire, selon la loi du 50/50.