La vie avec mon père Depuis juin 2009, papa s'est joint à nous!Directement de Nicolet (QC)
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  • Le jour où j’ai failli tuer mon mec…

    Ouuuucchhhhhh…
    Désolée…hihihi – La Matou(e)

    Il vous est surement déjà arrivé d’être confronté aux conséquences malheureuses d’une action que vous auriez crue anodine… hein ? Dites-moi oui, je vous en prie.

    Moi, on dirait que ça m’arrive tout le temps. Des gaffes, des kilomètres de gaffes derrière moi. Je suis la version féminine de Gaston. Je suis certaine que j’ai un dossier d’ouvert à la GRC, section «sécurité». Je fais la page couverture de plusieurs Black List quand il est question d’interdire quelqu’un(e) de peser sur un piton qui pourrait scraper la planète. Voyez l’genre ?

    Cette journée-là, donc, celle où j’ai failli tuer mon mec, est restée. «Annales» obligent.

    Qui ?
    Mon mec, moi, Benjamin et Joey, un ami.

    Quoi ?
    Une soirée tranquille, presqu’ordinaire.

    Où ?
    Sur le divan, au salon, chez nous, à Roberval.

    Pourquoi ?
    Joey et mon Mec «jouent» à se donner des bines. (Les hommes… pffff…). Plus les «bines» se donnent, plus elles augmentent en intensité. C’est à croire que celui qui fera brailler l’autre aura remporté la Coupe des Bines. Un moment donné, ça devient presque souffrant à regarder. Je décide, comme ça, et parce que ça faisait un bon 15 minutes que les gars se tapochaient, et parce que Benjamin et moi, on assistait à la scène horrifiés, et parce que les sons (des borborygmes, pour la plupart) étaient rendus légèrement au-dessus du seuil acceptable de décibels, qu’il est temps d’hisser le drapeau blanc. C’est assez : «Les gars, arrêtez, vous allez avoir les épaules et les cuisses mauves…» et ils continuent. «Les gars, s’il vous plaît, ce n’est plus drôle là, vous allez finir par vous faire vraiment mal…» et ils continuent. «Les mecs, christ de gros bébé-lala, c’t’assez calvaire, ça énarrrrve…» et ils continuent. «OK, Pat, je te donne trois secondes et pis si t’arrêtes pas, m’en vas te calmer à ma manière, moi…» et ils continuent.

    Comment ?
    «Ma manière» est désormais légendaire. Ouais. Je suis une menace aux anus, moi. Ouais. Quand je veux «calmer» quelqu’un, je le menace de lui foutre un doigt dans l’orifice. Vous doutez de l’efficacité du procédé ? Je vous suggère fortement d’essayer. Calme plat assuré, après la tactique. Juré. Alors je procède : «M’as te mettre un doigt dans le nanu mon amour, tu vas te rasseoir certain…». Il n’a pas écouté.

    Avec quelles conséquences ?
    Mes méthodes sont peut-être (pffff) baroques et étranges, il n’en demeure pas moins qu’elles sont assez efficaces. Après l’avertissement, la peur se lit sur le visage de mon Mec. L’inquiétude, aussi. Il y a déjà goûté et sait bien les effets dévastateurs de l’exécution d’une telle menace. Le calme peut s’entendre, presque. À peine trente seconde. Et puis vlan, bang, ça recommence, ils recommencent. N’ont pas compris. Les enfants-de-30-ans. Alors moi, je suis de parole, hein. Quand je dis, je fais, hein. (Et je dois vous avouer que cette menace-là, elle me fait bien marrer…). J’attends, tel un chat patient, devant sa proie. Si vous aviez pu m’observer avec attention, à cet instant, vous m’auriez vu avancer mon arrière-train en le balançant de droite à gauche ; vous auriez vu mes pupilles se dilater ; vous auriez probablement saisi mon rythme cardiaque accéléré ; vous auriez vu la malice s’insinuer dans chacune de mes pores…
    Et chlak !
    Mon Mec s’était légèrement relevé, pour mieux administrer, sur l’épaule de Joey, sa pitance.
    L’ouverture !
    Le bon moment !
    L’occasion !
    Je glisse rapidement ma main sous son fessier.
    Méthodiquement, mais vive comme l’éclair, j’étends mon majeur que je chipote doucereusement sous la culotte, entre ses pomelos, atteignant en un rien de temps son petit bouton anal bien dégagé.

    (Tout ce qui suit doit être lu à vitesse très rapide, because tout ce qui suit s’est passé en quelques secondes).

    Mon Mec sent bien, après avoir asséné son coup sur l’épaule de Joey qu’un intrus vient de s’incruster dans son anus. Il en ressent maintenant, tristement, la douleur. Se lève en une demi-seconde. Se brasse le popotin pour y en extraire le malvenu. Ses jambes et ses bras, complètement désynchronisés, fendent l’air. En désespoir de cause, mon doigt-requin étant plus puissant que toutes ses simagrées, il s’élance et saute en un seul bond au-dessus du divan, espérant atteindre l’espace vide qui le sépare du mur derrière. Ses jambes et ses épaules, ankylosées par trop de bines reçues, ont peine à suivre les mouvements de son corps. Ses mollets n’arrivent pas à franchir la barrière du dossier du divan. Dans un dernier effort pour exclure ma main de sa culotte, il se tortille si bien que son dernier élan le propulse directement de l’autre côté du divan, mais dans une position plutôt choquante.
    (Fin de la lecture rapide).

    Pooowwwwffffff. Ça a fait «Pooowwwwfffffff». Un gros bruit sec de tête qui heurte quelque chose. Et un gros bruit de peau qui résonne aussi. Comme une claque sur un Tam-Tam. Je vous passe l’hilarité générale qui s’était emparée des trois membres spectateurs. Et puis plus rien. Plus un son. Les trois spectateurs ridés de tant de rires se lèvent. Se déplacent derrière le divan. Vont voir ce qui cloche.

    Y’a mon Mec, étendu de tout son long, sur le tapis du salon. Plus un son. K-O. Les yeux clos. K-O que je vous dis.

    Léger vent de panique chez les trois spectateurs.

    «Paa-aaaat ????» «Pat, niaises pas là.» «Pat, sacramant, lève-toi.»
    Oups. Sorry, try again.
    Joey et moi, aidants, soulevons sa jolie tête blonde pour l’emmener vers le divan. Malheur.

    Du Sang. Il y a du sang partout. Beurrrrk.

    De son anus à sa tête ? Bin non, que je me dis. Qu’est-ce qui s’est passé, alors ?

    Dans sa chute, les pieds de mon Mec se sont coincés dans le dossier ; pour empêcher tout son corps de s’étaler avec fracas sur le plancher, il s’était accroché à la colonne de son posée sur le mur, derrière. Malheureusement, juste à côté, il y avait un gros Djembe [cadeau de Mimi, la tante de Benjamin, qui est responsable du CSI en Afrique.] Ce qui explique qu’en allant s’ouvrir le crâne sur le Tam-Tam, il y a eu le «Poooowwwwffffff» accompagné du «cllooonnnnngggggg».

    Cela étant dit, puisque vous savez que mon Mec est encore en vie, il a fini par reprendre ses esprits.
    Assis par terre, en petit indien magané, il a ouvert ses yeux, une fois, deux fois, trois fois, repassé «out» quelques secondes, ouvert à nouveau les yeux… Des tonnes de compresses froides derrière la tête plus tard, on visualise les dégâts, en tâchant d’éviter le sang qui pisse sans arrêt. Oups. C’est laid, un crâne ouvert.

    Pendant que Joey reste avec Benjamin, traumatisé, et Patrick, encore plus traumatisé, je vais chercher mon père. L’amène à la maison. Ai du mal à lui expliquer, en route, tout ce qui s’est passé depuis la dernière heure, tellement je ris, tellement je ris, tellement je ris. Je sais que ce n’est plus drôle. Que c’est rendu dangeureux. Que les «Pooowwwfff» sur la tête, on ne rit pas. Mais c’est plus fort que moi. On habille Pat, encore sonné. Je laisse mon père avec Benjamin. Dis bonsoir à Joey. Emmène mon Mec à l’hôpital. Ça pisse le sang partout. Beurk.

    Quelques points de suture plus tard, le médecin de garde ne se peut plus de curiosité. C’est que tout au long du processus, voyez-vous, j’avais grand mal à ne pas m’esclaffer. Je mordais si fort mes lèvres pour ne pas rire qu’il eut été fort possible que j’aie également eu besoin de suture. Patrick, lui, n’avait fait que lui dire, en entrant à l’urgence : «Je suis tombé». Moi, je savais bien qu’il avait mal «ailleurs» (y incluant à l’orgueil, because ça ne doit pas être évident de dire au médecin : «Ma blonde m’a enfoncé un doigt dans le cul et pour me déprendre de là, j’ai tellement gigotté que je me suis ramassé le crâne sur un Djembe…»).

    En sortant de la salle, le médecin se retourne vers mon chum et lui dit, le plus sérieusement du monde : «Vous savez, vous pouvez porter plainte pour violence.»

    (Je m’étouffe littéralement. Quand ça fait environ 1 heure que tu ries sans arrêt, ce n’est pas évident de garder une respiration normale.) Je jette un coup d’oeil à mon Mec, assis sur la civière, la tête entourée de bandages blancs.

    Il a un petit rictus fatiguant.

    «Je vais y penser.» C’est la dernière phrase que j’ai entendue avant l’heure suivante. Pas qu’il ne voulait pas me parler, non. Mais je n’entendais plus rien. Rire, mes amis, rire de même, c’est pas chrétien.

    Cette nuit là, je me suis endormie à côté d’un homme qui voulait peut-être porter plainte contre moi, pour «violence anale menant à une commotion cérébrale». Et j’avais un de ces mal de ventre…

    Les commentaires sont clos.


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