La vie avec mon père Depuis juin 2009, papa s'est joint à nous!Directement de Nicolet (QC)
martyne(@)martyne.com

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  • Hommage et remerciements…

    Bonsoir à vous,
    Je tenais à vous remercier chaleureusement pour vos bonnes pensées pendant le passage de papa aux soins palliatifs et pendant les funérailles.

    Nous passons les prochaines heures en “sevrage” de papa; l’appartement est vide, les heures de repas sont difficiles. Mais je sens bien que mes années au diocèse et en méditation ont porté fruits: en effet, je me sens moins seule, soutenue par “ma” communauté et en paix avec ce que j’aurais appelé – avant – la décision de Dieu. Je sais bien qu’Il n’y est pour rien, maintenant.

    Je considère qu’il faut tenir bon et demeurer fidèle face aux gens qui ont besoin d’être nourris, vêtus, aimés. Nous sommes heureux de l’avoir fait, ma famille et moi. Nous sommes heureux d’avoir pu, à notre façon, vivre avec Lui sans attendre en retour, de distribuer l’amour et les bons soins en Lui tenant la main.

    Je prends maintenant le temps de vivre mon deuil. Je n’ai plus peur de la mort, je sais maintenant qu’elle n’est qu’un passage; que cela me renvoie à ma propre faiblesse n’est qu’un sentiment. Je l’ai vue, directement, et j’ai compris. Pour avoir accompagné papa jusqu’à sa dernière prière, je comprends que la mort peut parfois être belle, souhaitée, bien vécue. Et une délivrance physique et psychologique. Elle m’effraie, mais je n’en ai plus peur. Juste pour cela, je remercie papa d’avoir eu le privilège de l’accompagner.

    Et je remercie les lecteurs de ce blogue de m’avoir préparée, sans le savoir, à toutes ces étapes. De l’accompagnement premier jusqu’au dernier. Cette mission réalisée avec vous l’aura aussi été pour mon bien-être. Rarement une position épistolaire nous permet de croître autant!

    Je vais désormais me reposer, sachant que tout a été fait dans l’amour, dans l’Absolu et dans le désir d’être bonne, d’offrir, de vivre. Je prendrai le temps, avec les enfants et mon époux, de respirer un peu avant de passer à la prochaine étape – celle de nous départir des effets personnels de papa. Rien ne presse, et pour le moment, de le savoir encore “physiquement” un peu là, à travers ses chandails et ses bibelots, me rassure. Je grandirai bien assez vite!!

    Encore une fois, merci de votre soutien, de votre encouragement, de votre amour.
    Martyne xxx
    Je vous invite à suivre ce lien pour bien écouter cette merveille de chanson (Fred Pellerin, “Silence”) que nous avons fait entendre lors de SA dernière sortie, vers le cimetière, pendant que nous signions nos derniers au revoir sur son cercueil.

    Et puis ma touche personnelle… 

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    Je vous laisse avec le texte que j’ai rédigé et lu (difficilement, mais bravement) en hommage à papa, aux funérailles.

    ***

    Mon Crimpoff d'amour

    Mon Crimpoff d'amour

    Nous connaissions tous Bernard Desmeules. Un homme généreux, vaillant, un homme de clan, un bon travaillant et un bon, un excellent vivant! Bernard a rencontré Cécile en 70 et quelques années plus tard, il devenait notre père. Jusqu’en avril 2007, nous aimions bien ce père-là.

    Laissez-nous maintenant vous parler de notre papa, né quelque part entre ses arrêts cardiaques, en 2007.

    Ses yeux étaient d’un bleu aussi profond qu’avant, sinon qu’il y avait une petite lumière différente quand il nous regardait. Ses mains avaient la même taille, sinon qu’elles étaient plus apaisantes qu’avant quand il s’appuyait sur nous. Son coeur grand comme le Lac battait au même rythme qu’avant, mais nous savions qu’il vivait sur sa batterie de secours. Et puis il y avait ses questions. Beaucoup de questions. Nous avions parfois les réponses, parfois non. Mais ce qui doit être retenu, ici, c’est que ce ne sont ni les questions ni les réponses qui importent, mais la nouveauté de notre papa: le dialogue. Papa nous parlait.

    C’était un homme différent de celui que la plupart d’entre vous aviez connu. Plus humain, peut-être. Plus vulnérable, peut-être. Ou plus fort, malgré tout.

    Dimanche dernier (le 2 janvier), quand nous étions à son chevet, nous lui caressions la patinoire à poux, nous prenions ses mains dans les nôtres et nous lui donnions des bisous, comme nous l’avions souvent fait. Mais cette fois, nous l’aimions tellement que nous lui avons dit:

    «Vas-y, p’pa. Vas où ça ne fait plus mal. Nous avons eu la chance de te découvrir. Nous avons eu la chance de t’entendre. Nous te connaissons maintenant. Nous savons qui tu es, nous avons vu ton coeur de grand homme et tes idées lucides. Avec toi, nous avons compris que la vie nous donne parfois une 2e chance. Et si on sait comment la saisir, c’est deux ou trois générations qui auront le privilège d’être changées à tout jamais par ce don du ciel.»

    Au fond, tu nous as appris que ce n’est pas la destination qui compte, c’est le voyage.

    Pendant une trentaine d’années, Bernard a été notre père et nous l’aimions beaucoup. Depuis presque 4 ans, il était notre papa. Et nous l’aimions. Vraiment.

    Il nous a écouté; a attendu d’avoir vu tous ses proches avant de nous donner ses deux derniers souffles. C’est avec le sourire que nous l’avons vu aller rejoindre Ti-Cric qui l’attendait dans le jeep depuis une couple de jour.

    Avec le sourire, parce que c’était papa. Qu’il était un méchant ricaneux. Et avec le sourire parce qu’on savait qu’on venait de vivre quelque chose de spécial. De vrai. D’important. Mais surtout qu’on venait de vivre quelque chose qui appartiendra à l’éternité: nous aimer. Tous. Enfin. Aimer. Et se le dire.

    Alors papa, c’est l’heure.Ta Cécile, ta Matoue, ta Poupoune, Ton poupou, Ton gros Pat, ton gros Steve, ton bébé Dan, ton petit Ben, ta Émilie Jolie, ton beau Simon et Rosalie, ta grosse Gina, te disent un dernier 10-4 avant le silence radio.
    Je t’aime.

    5 commentaires Abonnement aux commentaires


    1. MJ

      C’est un très joli texte, Martyne. Non, mieux que joli: émouvant, plein de retenue et lumineux.
      Pour être passée par là il y a déjà longtemps, j’ai envie de te dire que ce sont ces départs, même douloureux, qui nous donnent toutes les permissions du monde. Celles d’être heureuse ou malheureuse, et de vivre à fond nos émotions. La mort, tu le dis, n’est qu’un passage. C’est avant, et après que l’essentiel se trouve. Et c’est l’avant qui prépare l’après.
      J’avais toujours cru que je préfèrerais une mort rapide, soudaine, plutôt qu’une agonie. En fait, c’est de la souffrance que j’avais peur. Et je ne remercierai jamais assez la vie, ou le p’tit Jésus, de nous avoir donné du temps pour boucler la boucle et nous dire les mots d’amour auxquels ont se raccroche après.
      Vis ton deuil paisiblement, Martyne. Tu as tout donné, et tu as tout gagné.
      Câlins en ces moments d’apprivoisement de “l’après”.

      17 Jan 2011 @ 11:16


    2. Annick

      Martyne, Bravo.
      Bravo pour tout le temps, le don de soi dont ta famille et toi ont fait preuve en tant qu’aidants naturels. Vos moments d’angoisse, de frustration, de peine, de joie ont tous été plus grands que nature, et ce sont des souvenirs uniques dont vous seuls avez le privilège de bénéficier.
      Prends le temps qu’il faut. Bravo, encore une fois, et j’espère avoir quelqu’un de bon comme toi sur mon chemin si un jour j’en ai besoin.

      17 Jan 2011 @ 23:12


    3. Marie-Eve G Grenon

      Magnifique, tout comme toi. Portes-toi bien.

      18 Jan 2011 @ 01:10


    4. Martyne

      Merci des tonnes de fois pour votre appui, vos bons mots et vos encouragements.
      En ce moment, je vis malheureusement la période “culpabilité” qu’un deuil apporte inévitablement. Et vous savez quoi? Je reviens souvent lire vos commentaires. Pour me rassurer. Pour lire et comprendre jusqu’à ce que ça me rentre dans la tête, que j’ai vraiment fait de mon mieux dans cette histoire. Parfois avec des doutes, parfois avec colère ou incompréhension, mais vos bonnes paroles arrivent à me remettre dans la voie qui me sépare de la culpabilité à la réalité… peu importe ce que j’aurais fait “autrement”, le résultat aurait été le même.
      Merci à vous d’être là. Mes remparts devant l’adversité.
      Martyne.

      30 Jan 2011 @ 03:07


    5. Marie

      Je reviens d’une bien longue pause de blog et j’apprends à l’instant la triste nouvelle.

      Je te présente mes plus sincères sympathies Martyne, et j’en profite pour te dire toute mon admiration devant tout ce que tu (vous!)avez apporté à votre père et jusqu’à la toute fin.

      Amitiés,
      MJ

      19 Mar 2011 @ 02:02


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