Être aidant naturel, c’est aussi devoir se fermer la trappe (parfois). Ne pas lui dire que son attitude nous désespère. Il y verrait une porte pour nous remettre en plein visage que “lui non plus n’aime pas ça, et qu’il n’a rien demandé, et qu’il attend juste de crever, et qu’il veut qu’on lui foute la paix.”
Patrick, les enfants et moi, nous demeurons persuadés que le milieu familial est ce qu’il y a de mieux pour papa, en ce moment. Malgré les embuches, malgré les tempêtes, malgré ce que cela demande comme investissement. Mais nous nous posons tous la même question…
Au bilan final, donc: c’est presque du gâteau pour le moment. Nous vivons avec beaucoup d’amour. Autant mon époux que moi avons souvent les bras grands ouverts, et papa nous le rend bien. Nous ne parlons jamais de notre situation particulière. Nous sous-entendons, par les yeux, qu’il ne nous doit rien. Que nous ne lui demandons rien. Et il répond par ses sourires. Ses rires. Ses blagues. Sa vie.
21h30. Papa descend. Se rend à la cuisine où nous sommes. Regarde partout. Me demande: ‘Pis toi Matoue, quand est-ce que tu déménage?’ Je roule les yeux tout autour de la pièce. ‘Bin là là, je déménage là là.’ Je croyais que cela serait évident!