La vie avec mon père Depuis juin 2009, papa s'est joint à nous!Directement de Nicolet (QC)
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    Ce qui est bien avec les enfants, c’est qu’avec le temps, l’investissement devient rentable !

    Tenez, par exemple, Benny-le-kid. À 9 ans ½, il a déjà sa propre compagnie. «Les Démons de la farce» que ça s’appelle. Avec un logo travaillé et tout… Lui et son «associé», Alexandre, 10 ans, vendent donc des farces & attrapes. Ils en fabriquent, mais en achètent aussi avec leur argent de poche et les sous ramassés en travaillant (!), pour les refiler aux clients avec une marge de profits. Sérieusement, dans une cour d’école, ils font fureur ! Au départ, on trouvait l’aventure un tout petit peu périlleuse, surtout quand ils parlaient de «local à louer» et de «production de masse». Tout de même ! Deux gamins, un projet, l’euphorie totale. Bizarrement, on a réussi à les laisser aller, sans trop s’en mêler, en se disant qu’ils apprendont bien, qu’ils verront par eux-même comment gérer tout ça. Un petit coup de main pour l’élaboration du «plan d’affaires», deux ou trois conseils sur l’approche clients, et ils étaient partis. (Nan, on n’a pas enregistrée la «compagnie» au Registre des entreprises. Pas encore, du moins !). Sérieusement, en vivant ici, avec mon Mec, qui a sa propre compagnie, et moi, qui ai la mienne, comment faire pour ne pas être influencé ? Remarquez, même tout petit, il avait déjà la «fibre». Avec son père, il avait créé un plan pour s’acheter des piles «meilleures». Il «empruntait» le fonds de roulement à son père. Puis il se procurait des piles Dollarama, qu’il revendait aux petits gars du voisinage, avec 25¢ de bénéfices (justifiés par l’investissement initial, le temps de déplacement, l’achat…). À la fin de sa vente, il remboursait son papa et avec son profit, il allait s’acheter des Duracell à la pharmacie…

    Hier soir, en cadeau pour la Fête des mères, c’est Benjamin qui préparait le dessert. Avec soin. Beaucoup de concentration et d’attention. Une crêpe-minou. Un fond de Nutella. Des oreilles en pomme. Des yeux en banane-réglisse. Des moustaches en kiwi. Un nez et une bouche en cerise.

    Au moment de se mettre à table, tout fier de son plat, il nous dit : «Si jamais Les Démons de la Farce ne fonctionne pas comme on l’a prévu, je pense que je vais ouvrir une compagnie de traiteur, tiens…»

    Au-delà des cartes fabriquées à la main, au-delà du dessert, au-delà de tous les bons souhaits, c’est sa dernière phrase qui a été mon plus beau cadeau. Qui a célébré le fait d’être maman. Parce qu’il m’a assuré qu’à la base, j’avais fait une bonne «job» de transmission. Pas tant pour le fait de vouloir être travailleur autonome ou propriétaire de compagnie, non. S’il le veut, c’est très bien. Sinon, c’est aussi très bien. C’est plutôt pour m’avoir démontré que tous mes «comment tu peux améliorer la situation, si tu ne l’aime pas ?» ; «qu’est-ce que tu peux faire pour être mieux, alors ?» ; «que peux-tu inventer ou trouver pour avoir plus de liberté, pour t’amuser, pour aimer ce que tu fais ?» avaient porté fruits.

    C’est Marc Twain, je pense, qui a dit : «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait». J’étais fière, hier, parce que je me suis rendue compte que j’étais partie prenante de son éducation, et parce que j’ai bien senti que pour lui, tout est possible, tant qu’il y croit. Et ça, c’est ce que je me suis évertuée à donner à mes gars depuis qu’ils ont l’âge de se tenir debout…

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