Vivre avec un membre de sa famille si proche d’un précipice, c’est un peu comme une chasse aux tornades, au fond. Y’a des signes qui peuvent nous aider à éviter les dégâts, nous prévenir à temps. On a le temps de se mettre à l’abri. Mais y’a des fois où il faut tout simplement s’en remettre à la vie. Et croire.
Est-il apeuré, en fait, ou juste content d’être en vie? Non. Définitivement, la peur se lit sur son visage; ses traits sont extrêmement tirés, ses yeux très très grands et arrondis, sa bouche ne ferme plus. Ouais, c’est la peur à l’état brut, ça.
Et un truc de plus à ajouter dans la colonne ‘ingrédients nécessaires pour survivre à la maison multigénérationnelle’: une bonne connexion Internet, d’excellents sites de recettes et… l’envie que toute cette poutine familiale soit nourrissante!
Je me prépare au pire. Enfile mon costume de grande fille, répète des mantras pour chasser les mauvaises idées, ravale un sanglot innocent qui me serre la gorge. Merde. Et si? Et si nous avions oublié un truc, une pilule, un protocole, j’en sais rien, moi, n’importe quoi. Si nous l’avions tué? Il était si fébrile, si heureux mais si énervé. Et si son coeur n’avait pas tenu la route?