











Imaginez votre parent, seul, isolé, désemparé, qui demande à la terre entière une caresse amoureuse, un baiser langoureux, une nuit à deux. Imaginez maintenant qu’il fait plusieurs allusions à ce manque affectif lors de ses conversations avec vous… Comment devons-nous réagir? Quoi dire? Quoi faire?
Peut-être est-ce parce que nous sommes trop jeunes? Mi-trentaine avec le goût de sortir, de s’éclater et de vivre notre vie amoureuse librement? Peut-être sommes-nous égoïstes de trouver que 365 repas avec un père qui claque son dentier en mangeant, c’est beaucoup demander! Peut-être avions-nous mis la barre très haute, dans notre estimation d’aptitudes à survivre à tant d’intrusion dans “notre” vie?
Ce matin, le réveil n’a pas sonné. Ce matin, c’était Centre de jour pour papa. Ce matin, le chauffeur a appelé gentiment. Mais… l’éveil et le réveil, dans mon cas, sont deux états totalement différents. Vous serez prévenus.
Une lectrice a porté à mon attention le blogue d’une dame de Nicolet, Martyne, qui partage sur le web son expérience d’aidante naturelle auprès de son père déclaré invalide à la suite d’un ACV. La femme dans la trentaine présente sa famille et partage son quotidien et ses réflexions dans un blogue touchant, bien écrit. Les gens qui vivent la même situation que Martyne pourront certainement trouver du réconfort dans ses écrits.
Être aidant naturel, c’est aussi devoir se fermer la trappe (parfois). Ne pas lui dire que son attitude nous désespère. Il y verrait une porte pour nous remettre en plein visage que “lui non plus n’aime pas ça, et qu’il n’a rien demandé, et qu’il attend juste de crever, et qu’il veut qu’on lui foute la paix.”
Au fil du temps, nous avons découvert que “celle dont on ne doit plus prononcer le nom” était intimement liée aux crises d’angoisse de papa. Mais on vit comment, quand on est aidant naturel pour son papa et qu’on ne doit plus avoir de maman pour l’aider à respirer?